J'ai l'habitude de dire qu'il n'y a pas de théorie sur la nymphe à vue, par contre, il y a quelques petits trucs à savoir, à penser, à maîtriser pour bien se faire plaisir avec cette technique bien particulière.

Je vais décomposer les étapes à franchir, selon moi, pour arriver à un résultat satisfaisant. Un débutant devrait trouver quelques conseils qui vont l'aider dans sa façon d'appréhender la nymphe à vue et cela pourra peut être aider un pêcheur aguerri. Je ne pense pas détenir toutes les vérités sur cette technique, loin de là, j'en apprends encore plus toutes les saisons qui passent pour mon plus grand plaisir, mais je souhaite partager avec vous mon expérience et ma façon de voir les choses. C'est pour cela que j'ai classé cet article dans mes pensées personnelles, tout ce qui va suivre est le fruit de mon expérience. Bonne lecture.

Je vois 8 étapes à bien maîtriser

  1. Le déplacement
  2. Le repérage du poisson
  3. Le positionnement
  4. Le choix de la nymphe
  5. L'exécution du lancer
  6. Le poser et la dérive
  7. L'animation
  8. Le ferrage

1) Le déplacement

C'est certainement un des paramètres les plus importants puisqu'il conditionne toute la suite!!! Effectivement tout part de là.

A) Sur la Berge
Tous les pêcheurs connaissent la faculté des truites à repérer les vibrations qui peuvent venir des berges, c'est pour cela que lorsque vous progressez sur la berge vous devez faire attention à la façon dont vous posez vos pieds sur le sol et ce déjà à une distance respectable de l'eau (et pas seulement à quelques mètres de l'eau comme on le voit le plus souvent) . La truite peut donc vous repérer avec sa ligne latérale pour ce qui est des vibrations mais aussi visuellement si vos gestes sont trop rapides et/ou amples. Prenez l'habitude de faire le moins de gestes possible, comme la plupart des animaux, si vous êtes immobile, elle ne vous verra pas.
Un paramètre très important à savoir également, choisir sa berge selon le soleil si vous pouvez, toujours pêcher avec le soleil de face!!
Attention à votre canne, la truite reconnaît facilement un scion d'une branche si celui ci fait des mouvements trop brusques.
Le petit truc à savoir: Lorsque je fais une bordure, je me déplace toujours nymphe à la main et bas de ligne/canne tendus, prêt à exécution (pour un lancer arbalète), ça anticipe certains mouvements que vous ne ferez donc pas dans le champ de vision de la truite et vous restez en alerte (donc concentré) avant même d'avoir vu le poisson.

Important: lors de la progression, pensez à la position de votre canne!!
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B) Dans l'eau
Le problème des vibrations est le même, sauf que cette fois c'est le frottement des cailloux les uns contre les autres que la truite va déceler! Je vous recommande donc de vous forcer à lever les pieds entre les pas pour éviter ce phénomène au maximun. Bien entendu il est recommandé de se déplacer très lentement .
le petit truc à savoir:Evitez de rentrer dans l'eau sur les zones à petits poissons (truitelles ou ombrets) En effet sur ces zones il peut y avoir un grand nombre de poissonnets pas toujours très visibles qui en se déplaçant vont alerter les plus gros poissons en amont.

Pour les déplacements que ce soit sur berge où dans l'eau, faites le maximun pour rester dans les zones d'ombre et non pas en plein soleil.

2) Le repérage du poisson

C'est une chose qui s'apprends, hé oui, il ne suffit pas d'avoir 10/10 aux deux yeux pour pouvoir repérer les truites au fond de l'eau. J'avoue ne pas avoir 10/10 mais pourtant je pense repérer les truites assez rapidement et parfois assez loin de moi et pourtant ça n'a pas été toujours le cas. Il faut d'abord et ça c'est primordial regarder sous l'eau, ça à l'air bête comme phrase mais un pêcheur d'eau rapide par exemple qui ne pêche qu'en surface, va mettre un certain temps à se forcer à regarder sous cette surface qu'il connait tant, il faut absolument oublier la surface. Cet excercice demande une grande concentration, ça peut aller jusqu'à ne plus voir les gobages, car la surface et le fond sont deux mondes bien différents.........
Au début de l'éducation de la vision, un pêcheur verra souvent du poisson mais uniquement en mouvement car la truite aura elle aussi vu ce pêcheur (la principe de voir avant d'être vu). Pour arriver à voir régulièrement les truites avant qu'elles ne vous aient vu, il faut premièrement maîtriser l'étape 1, mais aussi avoir en permanence un image de la truite dans sa tête (en gros ne penser qu'a ça). Selon la clarté de l'eau et la robe des truites ce repérage sera plus ou moins difficile. Il se travaille et s'améliore aux fils des saisons.

Malgré sa belle taille se poisson n'a pas été si facile que ça à voir
Dormant

Personnellement , je vois la différence en début et fin de saison, c'est impressionnant comme notre système visuel peut s'accoutumer à une image, ça devient beaucoup plus facile après!!! On arrive même à voir des zébrures là où il n'y en a pas.
Pour voir le poisson dans un courant assez fort, il vous suffit de suivre la "fenêtre". il y a toujours à un moment donné un petit espace d'eau qui arrive lisse sur le courant . Suivez cette fenêtre qui reste lisse durant sa descente sur le radier, elle vous permettra de voir du poisson au fond de celui ci
Le petit truc à savoir Chez les ombres leurs nageoires pectorales les trahissent le plus souvent, vous pourrez apercevoir deux étendards triangulaires très clairs sur chaque côté de l'ombre, on les voit de très loin et même dans de forts courants. Pour les truites, il faut parfois chercher, non pas un poisson entier, mais un bout de queue qui dépasse d'une souche , juste une tête qui sort d'un caillou, de plus ces poissons en embuscade sont souvent les plus faciles à leurrer.

3) Le positionnement

A) pêche de recherche
Lorsque votre approche est soignée et que vous avez repéré votre truite ou votre ombre (étape 1 et 2) , il faut bien choisir sa position pour attaquer ce poisson. Parfois on n'a pas le choix et tout va très vite, alors on tente d'où on est avec le taux de réussite que ça engendre.
Il est possible si vous avez une bonne connaissance de votre cours d'eau d'anticiper la position d'un poisson connu et donc d'arriver au bon endroit pour mettre toutes les chances de votre côté.
Une troisième possibilité s'offre à vous, le repérage est nickel et vous avez la possibilité de bouger sans attirer l'attention du poisson convoité dans le but d'être dans la position idéale.
Qu'est ce que la position idéale? Il faut avoir à l'esprit cette phrase: "présentation nymphe première", donc si vous pouvez choisir, positionnez vous toujours légèrement en amont de votre poisson pour lui présenter la nymphe en premier (on ne le couvre pas avec le bas de ligne de cette façon), vous verrez que c'est un avantage énorme.
De plus et comme je l'ai déjà dit , pour attaquer votre truite, si vous avez le choix entre l'ombre et le soleil, n'hésitez pas!!!

Sur cette photo, la position idéale pour ne pas se faire voir est en rouge, calé contre le saule, les truites ont beaucoup moins de chance de vous voir qu'au clair
Position

B) pêche d'attente
Là c'est différent, car c'est le pêcheur qui va choisir obligatoirement l'endroit où il va se positionner pour attendre des poissons connus ou pas d'ailleurs. Que ce soit sur berge où dans l'eau, choisissez de préférence un endroit où l'on peut se confondre avec la ripisylve. Cela vous permettra de mieux cacher vos mouvements que sur un terrain clair. Il est possible de se positionner en terrain clair, mais dans ce cas là, c'est plutôt pour de la pêche à distance, pour la pêche de bordure c'est déjà plus délicat
Le petit truc à savoir:En alliant, zone d'ombre, camouflage dans la ripisylve et immobilité, vous pourrez être surpris à quel point les truites peuvent vous approcher, parfois c'est même trop près !!!!

4) Le choix de la nymphe

Ou plutôt le choix du poids de la nymphe!!! Je pense que pour la plupart des situations (80% ), ce n'est pas l'aspect imitatif de la nymphe qui est important, mais son poids. Avant toute chose il faut comprendre de quelle façon se nourrit le poisson que l'on va tenter.
A) le poisson est en activité, il vient chercher des nymphes entre deux eaux, voir juste sous la surface
C'est un des cas les plus simples, d'une part parce que le poisson mange et d'autres part parce qu'il se déplace (plus facile pour bien situer le moment du ferrage). Là le choix de nymphe est assez simple, quelques tours de plomb suffisent (des fois aucun) , car il ne faut surtout pas passer en dessous du poisson . Le fait de lui présenter une nymphe légère va le faire monter. Pour la taille et la couleur, il faut se fier à l'éclosion du moment. Bien entendu il y a des situations particulières (poisson hyper éduqué) où les choses peuvent être bien différentes. Sur ces derniers , c'est la façon de leur emmener la nymphe qui fera la différence. En règles générales, un poisson en pleine activité reste le plus facile à leurrer.

B) Le poisson est en activité, mais se déplace en cherchant au fond
Le fait que le poisson cherche au fond donne encore plus d'aisance au pêcheur, car il est plus facile de faire monter une nymphe que de lui présenter dans une phase descendante. Le plus souvent ,ces poissons se nourrissent de gammares, larves de tricho etc.......Dans ces cas , choisir la densité de votre nymphe selon le courant, bien que dans ce cas elle soit destinée à pêcher au fond, il ne faut pas qu'elle trop lourde (s'il faut une animation ça gênera ).



C) Le poisson est en activité au fond sans bouger
Un des cas que je préfère, là il faut bien choisir votre nymphe en fonction de son poids car il va falloir l'emmener précisément dans la gueule du poisson qui a choisi de se nourrir sans faire le moindre effort. On retrouve généralement ce genre de cas dans des coups profond avec parfois pas mal de courant. Là, franchement l'aspect de la nymphe importe peu, le principal dans ce cas est la précision!!!!

D) Le poisson n'est pas actif
Mais il est quand même en pleine eau ou en bordure, il reste donc prenable malgré le fait qu'il ne se nourrisse pas. Dans ce cas l'aspect de la nymphe a une plus grande importance à mon avis, puisqu'il faut tenter ce poisson soit par gourmandise, par facilité ou par l'agressivité. Dans ces trois cas il faut être très précis et prendre la bonne décision du premier coup, car ce genre de poisson ne se laisse pas embêter très longtemps.Le plus souvent , il faut emmener la nymphe pile poil dans la gueule de la truite sinon c'est presque voué à l'échec.

C) Cas précis de poissons hyper éduqués
C'est un des cas où il n'y quasi pas de règles, les poissons arrivés à un certains stade d'éducation (voir de surpêche dans des no kill trop petit) ont un comportement plus qu'anormal, il est très difficile de donner des conseils dans ce cas précis si ce n'est d'avoir pas mal de nymphes "leurre" car le réflexe d'agressivité marche régulièrement.

Le petit truc à savoir:Il faut avoir un grand nombre de nymphes différentes, car il y a pas mal de cas très précis où le changement de nymphe (au niveau des couleurs) peut être prépondérant. Par contre il faut savoir que ces cas sont rares dans une saison et qu'avec deux ou trois nymphes différentes on peu s'en sortir. Pour ma part, de l'ouverture à juin j'utilise une Pheasant Tail maison et ensuite une vautour, toutes fabriquées sur plusieurs tailles avec plusieurs plombages différents. J'ai toujours également une batterie de gammares à portée de main.

Le plus important, c'est d'avoir une confiance totale en ses imitations.
Nymphe

5) L'exécution du lancé

A) pêche de bordure
Le lancer arbalète est le plus utilisé, le plus facile aussi à mettre en oeuvre. Il arrive parfois que l'on n'aie pas le temps de réfléchir, c'est pourquoi il faut toujours être prêt au cas où. Ayez le réflexe de progresser le long de la berge, nymphe en main et canne bandée pour avoir une réactivité maximun suite au repérage de poisson. Attention au moment du lâcher de nymphe de limiter le mouvement de canne pour que celui ci n'alerte pas la truite.

B) pêche à distance
Il lui faut trois qualité: rapidité, sobriété et précision. effectivement il faut être rapide car un poisson reste selon sa vitesse peu de temps dans votre champ de vision. Il faut prendre les bonnes décisions dans un laps de temps restreint .Sobriété, on ne pêche pas en sèche donc dans notre cas les faux lancer ne sont pas légion, moins il y en a , mieux c'est. Précision, c'est le plus difficile à maîtriser et pour vous améliorer il n'y pas de secret: bas de ligne équilibré et un grand nombre d'heures passées au bords de l'eau.
Le petit truc à savoir:Si vous maîtrisez le lancer roulé, vous avez là une arme redoutable car il vous permettra de pêcher des coups que tous le monde ne fait pas et donc d'attaquer des poissons plus faciles

La pêche à distance reste pour moi la plus belle
Julien 2

6) Le poser et la dérive

Ces deux paramètres sont intimement liés . Effectivement c'est votre façon de poser qui va jouer sur votre dérive. Tout d'abord , et c'est le plus important, il faut avoir un bas de ligne très bien équilibré. (vous trouverez des formules en suivant ce lien /nicolas39/index.php?post/2007/10/0....
Je vous conseille de ne pas être avare sur vos longueurs de pointes , plus celle ci est grande , moins la nymphe aura de contraintes lors de sa progression dans l'eau. Au moment du poser, il faut au contraire de la pêche en sèche, donner un petit coup sec avec le poignet vers l'avant au dernier instant pour casser le mouvement pour que votre pointe tombe en paquet. Si vous calquez votre mouvement sur la pêche en sèche, la pointe ne se posera pas comme il faut et donc la dérive ne sera pas bonne. Plus le courant ou/et le fond est important, plus ce mouvement devra se faire sèchement pour permettre à la nymphe de crever la surface de l'eau plus facilement et être ainsi pêchante le plus vite possible.
Je reviens sur la longueur de pointe, c'est aussi elle qui va conditionner la longueur de dérive "pêchante". La nymphe pêche bien uniquement lorsqu'elle ne subit pas de contraintes dues au fil qui va tirer dessus ou la soutenir. La soutenir, c'est là que le diamètre du fil rentre en cause. Il est moins important au regard de la truite si vous suivez toujours cette ligne de conduite: "présentation nymphe première", par contre il a une influence sur la dérive de votre nymphe et donc sur la réaction du poisson. Il est primordial d'adapter le diamètre de votre pointe en fonction de la densité de votre nymphe pour ne pas la contraindre plus qu'il ne faut lors de la dérive.Pour les nymphe peu ou pas plombées le 10° suffit, pas la peine de descendre en dessous, palliez avec la longueur de pointe plutôt que de descendre en 8° ou en 6°. En début de saison, sur du poisson "frais" un bon 14, voir un 16 fait très bien l'affaire ,du moment , et je le répète, que votre pointe soit assez longue et que la truite la voie en premier.
Si la situation ne permet pas de pêcher aval mais amont, il est important de poser votre bas de ligne assez loin (sur le côté) de la truite, celle ci ce déplacera pour prendre si ça l'intéresse. (une truite ou un ombre est capable de se déplacer de plusieurs mètres pour se nourrir, même sur des choses infiniment petites). Un poser trop près du poisson va rendre les choses plus compliquées, de plus, l'instant du ferrage sera moins perceptible!!

Le petit truc à savoir:La dérive ne doit pas se faire uniquement devant le poisson, laissez aller votre nymphe le plus loin possible derrière le poisson. Premièrement s'il ne prend pas , lors de l'arraché de votre soie, vous serez plus éloigné du poisson, donc moins de chance d'attirer son attention et parfois, surtout chez les ombres d'ailleurs, au moment où le bas de ligne se tend en fin de dérive et fait remonter la nymphe toute seule, une attaque est possible, pas tout le temps, mais ça arrive.

Avec une eau d'une telle clarté et un poisson aussi malin le taux de réussite est dû en grande partie à votre présentation!!
truite

7) L'animation

Est-elle nécessaire systématiquement? C'est une question que l'on peut se poser. Pour la réponse, c'est non, je dirais même plus, elle est optionnelle. Pour un poisson en activité, l'animation ne sert à rien sauf cas particuliers. En effet on a devant nous un poisson en recherche de nourriture, donc le simple fait d'emmener correctement (point précédent) la nymphe dans son champ de vision, l'incite a se déplacerer pour la prendre. L'animation dans ce genre de cas peut au contraire attirer l'attention du poisson sur un danger (dans le cas de poissons éduqués). Qui plus est, le fait de ne pas animer va ralentir la prise de la nymphe et donc faciliter la détection du ferrage. Il faut bien comprendre que lorsqu'on anime notre nymphe, on écourte notre dérive puisque on tend le fil pour le faire. Ce qui veut dire que si le poisson ne réagit pas, il y de grandes chances qu'il soit en alerte pour la suite. Le fait de ne pas animer permet de tenter plusieurs fois un poisson en cas d'échecs.
Il faut animer dans les cas suivant:

  • en dernier recours sur un poisson qui se nourrit, mais il faut le faire au plus près de lui, c'est à dire animer au dernier moment pour que le poisson soit surpris et prenne par réflexe sans réfléchir.
  • Sur des poissons réticents, on peut aussi essayer l'animation derrière lui, le poisson a vu la nymphe passer, mais le fait d'animer derrière, peut provoquer l'attaque. Je pense que dans ce cas, il le fait aussi par réflexe et je peux vous dire que ça marche régulièrement.
  • sur un poisson inactif, après avoir essayé un "bon" passage sans animation, ça peut décider un poisson qui n'a pas forcément envie de se nourrir
  • lorsque l'on utilise des nymphes leurres, l’animation déclenche l’agressivité de la truite , la nymphe leurre + l'animation bien conjuguées peuvent décider certains poissons (poisson éduqués)

Le petit truc à savoir:Il faut adapter l'animation de vos nymphes aux insectes naturels. Effectivement un gammare ne nage pas de la même façon qu'une larve de mouche de mai. Ce genre de petits détails peut avoir son importance quelquefois.

8) Le ferrage

Quand ferrer? C'est une question qui est passée dans la tête de tous les nympheurs, la seule réponse que l'on peut en conclure, c'est qu'il faut ferrer à l'arrêt du poisson. Une truite ou un ombre va venir en direction de la nymphe et au moment où il a atteint son but , le poisson s'arrête. Si c'était si facile ,ça se saurait, on va donc détailler un peu !!!
Un conseil que je donne en tout premier lieu est de ne pas se focaliser sur la nymphe, de ne pas essayer de la voir, c'est à mon avis une erreur grossière. Une fois la nymphe lancée, il faut être concentré uniquement et à 100% sur le poisson . C'est le mouvement du poisson et son comportement qui va déclencher le ferrage, bien sur il y a les situations où l'on voit carrément le blanc de la gueule (signe que le poisson engame), mais le plus souvent (surtout à distance) on ne peut pas le voir. Il est donc important lorsque la situation le permet de faire passer la nymphe pas trop près de la truite pour bien la voir se déplacer et faire son arrêt lorsqu'elle engame la nymphe. Comme je l'ai déjà dit, si vous n'animez pas, la prise de nymphe se fera lentement et le ferrage sera plus facile à déceler, par contre avec une animation, le poisson arrivera plus rapidement sur la nymphe, l'arrêt sera plus marqué certes , mais il faudra être plus vigilant sur le ferrage, le poisson gardant la nymphe moins longtemps je pense.
Il y a pas mal d'exemples de ferrages particuliers:

  • Les ferrages où l'on est obligé d'emmener la nymphe dans la gueule du poisson, là il faut être bien concentré sur le moindre mouvement de tête, c'est parfois très difficile de le voir surtout si l'on doit pêcher amont, ce genre de ferrage se fait souvent au feeling.
  • Il arrive parfois que les truites ne marquent pas l'arrêt et qu'elles continuent à avancer tout en prenant la nymphe, dans ce moments là il faut avoir les nerfs solides et il y a beaucoup de loupés.
  • Sur certains poissons très éduqués il faut parfois anticiper le ferrage car la nymphe reste en gueule moins d'une seconde. Les ombres et les truites des no kill surpêchés aspirent et recrachent à une vitesse impressionnante. Si vous attendez le moment de l'engamage, le temps d'arracher la soie et ça sera trop tard!!!

Le petit truc à savoir:Il n'y pas de secret pour cet exercice, il faut ferrer des centaines de truites pour arriver à un pourcentage de réussite correct. La pratique reste la meilleure école.

Le ferrage est l'instant où l'on a atteint son but, tromper le poisson
En pleine bagOrre

Voilà, cet article se termine par cette dernière photo prise sur la Loue. J'espère que vous y trouverez quelques bons conseils , moi, pour ma part, j'en apprends toutes les saisons. C'est ça qui est formidable avec la nymphe à vue, on n'est jamais au bout de nos surprises et de nos émotions.